Santé mentale : un enjeu stratégique pour les dirigeant(e)s et leurs entreprises
Être chef d’entreprise, c’est souvent synonyme de passion, d’audace et de persévérance. On prend des risques, on fait face, on avance. Pourtant, derrière ce rôle de pilier et de moteur, trop peu de place est laissée à la réalité : celle d’une
charge mentale constante, d’une fatigue qui s’accumule, et d’un stress devenu chronique. Ce que l’on célèbre comme de la résilience peut parfois cacher un épuisement silencieux.
Selon une étude INSEE, Observatoire Amarok (2022), près de 4 dirigeant(e)s sur 10 souffrent de troubles anxieux ou dépressifs liés à leur activité. Ce chiffre devrait alerter. D’autant plus qu’il s’aggrave : une enquête révélée par Le Parisien en
juin 2025 indique que 45% des chefs d’entreprise constatent une dégradation de leur santé physique et mentale, marquée notamment par une hausse de la consommation d’anxiolytiques, mais aussi d’alcool dans certains secteurs
fortement exposés. Ce sont des signaux d’alerte clairs : aujourd’hui, la santé mentale des dirigeant(e)s est en danger.
La charge est souvent invisible mais lourde : maintenir l’équilibre financier, gérer les équipes, faire face à des injonctions contradictoires, encaisser les imprévus, porter les projets et les décisions… tout en gardant le cap et la posture du leader fiable. Le
plus souvent, cette pression s’exerce dans une profonde solitude, par peur d’être perçu(e) comme « faible », par manque de relais ou simplement faute de temps pour
prendre du recul.
Or, les conséquences dépassent l’individu. Un dirigeant en souffrance, c’est aussi une prise de décision altérée, une communication moins fluide, une créativité ralentie, et un impact direct sur les dynamiques d’équipe. L’entreprise devient fragile dès que sa direction est à bout.
Comment agir ? Repenser le rôle du dirigeant
Préserver sa santé mentale, ce n’est pas une option. C’est une responsabilité entrepreneuriale à part entière. Car derrière chaque entreprise, il y a un être humain. Et un être humain ne tient pas sans soutien, sans pause, sans respiration.
La première étape consiste à briser le tabou, à reconnaître que ce mal-être existe, et qu’il ne définit en rien la valeur ou la compétence du dirigeant. C’est une réalité normale face à une charge anormale.
Ensuite, il est vital de ne pas rester seul(e). De plus en plus de réseaux de dirigeant(e)s émergent pour permettre ces échanges précieux : Elleboss accompagne notamment les femmes entrepreneures dans un cadre à la fois bienveillant et stimulant, où parler de vulnérabilité ne remet pas en cause la légitimité. D’autres initiatives comme les groupes de co-développement ou les clubs d’entrepreneurs locaux facilitent les discussions en toute confidentialité.
Des dispositifs spécialisés existent comme APESA (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë) qui propose un soutien psychologique gratuit, en lien avec les tribunaux de commerce. Certaines URSSAF régionales, Chambres des Métiers ou Réseaux BGE ont intégré des modules de prévention et de bien-être dans leurs accompagnements. De plus, faire appel à un(e) coach professionnel(le), un(e) psychologue ou participer à des groupes de parole permet de construire des espaces pour relâcher la pression, réfléchir autrement, retrouver un équilibre.
Enfin, cela passe par le quotidien : aménager son temps, s’autoriser des coupures, sortir du « toujours disponible ». Le droit à la déconnexion, ce n’est pas qu’un sujet RH pour les salarié(e)s c’est aussi une nécessité pour celles et ceux qui pilotent. Structurer ses journées, s’entourer de personnes relais, créer une culture d’entreprise humaine et bienveillante sont des choix gagnants sur le long terme.
Une vision durable de la réussite
Chez Elleboss, nous croyons qu’il est temps de valoriser une autre figure du leadership : une direction engagée, forte de sa lucidité, de sa capacité à poser ses limites et à se préserver. Réussir ne doit jamais se faire au détriment de la santé mentale. C’est l’équilibre personnel du dirigeant qui donne à l’entreprise sa stabilité, sa créativité, sa solidité.
Il est urgent que la santé mentale des chef(fe)s d’entreprise ne soit plus un anglemort. En parlant, en agissant, en se soutenant, on construit un nouveau modèle entrepreneurial : plus résilient, plus durable, et surtout plus humain. Une entreprise forte commence par une direction qui va bien.